L'école de police au féminin...

7 mars 2018

Découvrez Alice, Diana et Fiona, trois femmes de l'école nationale de police de Roubaix. Directrice adjointe de l'école, élève-gardienne de la paix et cadette de la République, elles parlent d'elles, de leur parcours, mais aussi de leur vie au sein de l'école et de l'institution "Police". Des récits "in vivo" de femmes heureuses de leur choix professionnel.


Le 8 mars, journée internationale des droits des femmes est l'occasion pour la Police nationale de confirmer son engagement pour l'égalité professionnelle.

Femmes et hommes de notre institution sont bien souvent avant tout des policières et policiers qui travaillent ensemble au quotidien et en équipe. Cette communauté et ce "bien vivre" ensemble se révèlent dès la période de formation initiale en école de police.

Pour en témoigner, l'école nationale de police (ENP) de Roubaix nous a ouvert ses portes et nous a permis de rencontrer Alice, commissaire de police, directrice-adjointe de l'école, Diana, élève gardienne de la paix et Fiona, cadette de la République. Ces trois jeunes femmes nous délivrent leur parcours et leur vécu au sein de la Police nationale.

Alice, commissaire de police

Directrice zonale adjointe au recrutement et à la formation de la zone Nord et directrice adjointe de l’ENP Roubaix

Son parcours

Alice, directrice adjointe de l'ENP Roubaix

Après un master 2 en droit pénal et sciences criminelles et un autre en politique et sécurité, spécialité réponse publique à la délinquance, Alice a passé et réussi le concours de commissaire de police.

En septembre 2009, elle intègre l’École nationale supérieure de la police de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or pour une formation initiale de 22 mois.

À l’issue, elle est nommée cheffe de la division de la police technique à la direction interrégionale de Lille puis, en 2015, directrice zonale adjointe au recrutement et à la formation de la zone Nord et directrice adjointe de l’ENP Roubaix.

Ses passions : Alice trouve son équilibre entre ses deux familles. Sa grande famille professionnelle au sein de l’ENP de Roubaix et sa famille privée entourée de son mari et de leur fils de 2 ans.

Pourquoi la police ?

« Depuis l’âge de 5 ans, je voulais être policière, ce qui me valait le surnom « d’Alice la police ». Plus tard, j’ai tout mis en œuvre pour arriver à mes fins et orienter mon cursus vers le monde policier. Mon but : protéger et aider la population à se sentir en sécurité. »

Alice dirigeant le cortège de policiers le 14 juillet
La Police, un métier d’hommes… et de femmes ?

« Ce n’est pour moi ni un métier d’homme, ni de femme.C’est avant tout un métier de valeurs telles que l’intégrité, le courage et le sens du service à la population, dans lesquelles autant un homme qu’une femme peuvent se reconnaître. La grande diversité de métiers proposée nous offre la chance d’être polyvalent et nous ouvre énormément d’horizons. Être policier requiert un savoir-être et un savoir-faire, des qualités qui relèvent de l’humain avec un grand H ».

Que diriez-vous à une femme qui hésite à intégrer la police ?

« Je lui dirai que c’est un métier passionnant mais exigeant, un travail fondé sur l’appartenance à des valeurs communes ! Seules la motivation et la persévérance sont les clés de la réussite. Tout est une question d’investissement et de résistance tant physique que psychologique propres à chacun, peu importe notre genre.

Diana, élève-gardienne de la paix

En formation à l’ENP de Roubaix

Son parcours

Diana, élève-gardienne de la paix à l'ENP Roubaix

Diana a arrêté l’école à l’âge de 16 ans. Pendant un an, elle se consacre à sa passion, le chant. Par la suite, elle enchaîne plusieurs petits boulots, elle cherche sa voie… Elle se présente aux sélections de cadets de la République à 19 ans. Sélectionnée, elle fait sa rentrée à l’école nationale de police de Roubaix et intègre la 8ᵉ promotion. À la fin de sa scolarité d'un an, elle devient adjointe de sécurité pendant 5 ans. Diana réussit ensuite le second concours de gardien de la paix et intègre à nouveau l'ENP Roubaix en janvier 2018.

Ses passions : Diana est passionnée de musique, de chant et de danse. Pour son plaisir, elle monte sur scène occasionnellement.

Pourquoi la police ?

« Je me suis longtemps cherchée… Je voulais un métier dans lequel je puisse me sentir utile aux autres, un métier sans routine. N’ayant pas de diplôme, j’ai profité des conseils d’une amie elle-même cadette de la République. Cette formation m’a permis de me remettre à niveau et de me préparer au concours de gardien de la paix. Cette première expérience au sein de la police a été un réel tremplin et m’a beaucoup appris. J’ai découvert les sensations que sont l’adrénaline et la satisfaction du devoir accompli ».

Votre scolarité en tant qu’élève policière ?

« Comme durant ma scolarité de cadette, tout se passe très bien. La mixité hommes-femmes nous apporte beaucoup, de l'entraide notamment. Aucune différence n’est ressentie, nous sommes tous élèves gardiens de la paix. Et nous avons tous un but commun : être de bons policiers. Le fait d’être une femme ne m’a jamais posé de problème. Nous avons chacun autant de légitimité à être ici ».

Que diriez-vous à une femme qui hésite à intégrer la police ?

En formation à l'ENP Roubaix

« Je lui dirai, foncez ! Je pense qu’il faut aller au bout des choses et faire ce que l’on aime. La diversité des métiers de la police est tellement grande que chacun peut y trouver sa voie. Par ailleurs, je conseille vraiment la formation de cadet de la République, car elle permet de tester le métier de policier ».

Vos projets au sein de la Police nationale ?

« À l’issue de ma scolarité de gardienne de la paix, je souhaite aller en région parisienne et être affectée en sécurité publique dans un service de terrain comme la brigade anti-criminalité (BAC). Ce serait pour moi une grande fierté d’être au cœur de l’action ! ».

banière fiona

En formation à l’ENP de Roubaix

Son parcours

Fiona, cadette de la République

Après sa réussite au brevet des collèges, Fiona poursuit son cursus scolaire en seconde générale. L’année suivante, elle s’oriente vers un BEP commerce et intègre une 1ère en bac pro secrétariat. Très vite, elle suit une formation commerciale en alternance et obtient son BEP MRCU (métiers des relations clients et usagers). Elle travaille ensuite pendant 3 ans dans le domaine de la vente en boulangerie/pâtisserie, jusqu'au jour où elle voit une campagne d'affichage de la Police nationale...

Ses passions : Fiona pratique l’équitation depuis 10 ans. Elle aime aussi regarder des séries américaines et faire de longues ballades.

Pourquoi la police ?

« J’ai plusieurs membres de ma famille qui sont dans la police à Paris, en BAC. J’ai très vite été attirée par ce métier et la diversité de ses missions. Être utile aux autres fait partie de ma personnalité. J’ai souvent vu les campagnes publicitaires de la Police nationale avec le slogan « Lancez-vous ! ». Je me suis donc renseignée sur le site lapolicenationalerecrute.fr et je me suis inscrite pour les sélections de cadets de la République. N’ayant pas le baccalauréat, j’ai pu trouver l’opportunité de rentrer dans la police, de devenir prochainement adjoint de sécurité tout en étant préparée pour le concours de gardien de la paix ».

Dans la cour d'honneur de l'ENP Roubaix
Votre scolarité en tant qu’élève policière ?

« Je me sens tout à fait à l’aise à l’ENP de Roubaix. Je n’ai eu aucune difficulté à m’intégrer. Nous sommes un groupe soudé et chacun de nous a sa place. Nos différences sociales ou de genre sont un atout. Ici nous sommes tous sur le même pied d’égalité. La mixité hommes-femmes est très intéressante et la complémentarité se voit particulièrement durant les cours de sport où nous nous entraidons que l'on soit fille ou garçon ».

Que diriez-vous à une femme qui hésite à intégrer la police ?

« Je lui dirai de ne pas hésiter une seule seconde et de nous rejoindre ! Une femme a autant sa place qu’un homme dans la police. Il faut foncer et ne pas se décourager. Certes, ce n’est pas un métier facile mais avec du travail, de l’écoute et de l’analyse, une femme sera sans aucun doute un très bon policier. Lors des entretiens de sélections, je lui conseille de penser à bien préparer sa présentation. »

Vos projets au sein de la Police nationale ?

« Avoir mon concours de gardien de la paix, être intégrée dans une brigade de police secours. Plus tard, je souhaiterai allier ma passion et mon métier en rejoignant une brigade équestre ou peut-être une brigade cynophile. »