En immersion au sein de la brigade des fraudes aux moyens de paiement à Paris

10 juillet 2017

Parcours professionnel, qualités, missions... Découvrez le métier d’Émilie, enquêtrice spécialisée de la direction régionale de la police judiciaire de la Préfecture de police de Paris...


Les raisons d'une vocation...

Titulaire d’une maîtrise d’anglais, Émilie se destinait à devenir professeur des écoles. Poussée par une grande curiosité et un intérêt pour la prévention et l’aide aux victimes, elle se réoriente vers la Police nationale...

Émilie enquêtrice à la BFMP
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J'aime rendre service et

me sentir utile...

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« Lors de mes vacations de pompier volontaire, je rencontrais souvent des policiers en intervention. La diversité de leur travail m’intéressait. J’aime rendre service et me sentir utile. Rentrer dans la Police nationale m’a finalement paru comme une évidence ! »

Après sa réussite au concours de gardienne de la paix, puis son année de formation en école de police, Émilie travaillera successivement en commissariat de police puis en police judiciaire (PJ) à Paris.

« Je travaille au groupe enquêtes générales. Mes collègues et moi sommes chargés de retrouver les auteurs de faux ordres de virement en France comme à l’étranger, ainsi que les auteurs de falsifications et encaissements de chèques volés".

Mener une enquête du début à la fin...

Matériel saisi

Aujourd’hui, brigadière-cheffe de police , Émilie est enquêtrice à la brigade des fraudes aux moyens de paiement (BFMP)...

« J’avais envie de mener les procédures de bout en bout, de la prise de plaintes des victimes jusqu’à l’identification et l’interpellation des auteurs d’infractions. Intégrer des services de police judiciaire m’a permis de satisfaire ce désir : je mène moi-même mes enquêtes. C’est vraiment très motivant ! »

Les trois autres groupes de la brigade s’occupent de la délinquance liée à l’ouverture de comptes et crédits sous fausses identités, à l’usage de cartes bancaires contrefaites ou de cartes ré-encodées, à l’usage de coordonnées bancaires volées pour faire des achats sur internet.

« Ces infractions peuvent toucher « monsieur tout le monde » ! Malheureusement, personne n'est à l'abri de se faire dérober ses coordonnées de carte bancaire..."

Écoutes téléphoniques, filatures, surveillances… un travail de PJ

Émilie se voit confier une cinquantaine d’enquêtes par an. Chacune d’elles lui demande du temps avant de pouvoir la conclure...

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C’est aussi beaucoup de travail sur le terrain !

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policier civil en poste d'observation caché

« Une enquête, c’est par exemple effectuer des écoutes téléphoniques, obtenir des renseignements auprès de l’administration publique, des banques, des responsables de la sécurité de grands magasins parisiens, faire des recherches sur les réseaux sociaux ou encore effectuer des demandes d’informations auprès d’Europol*".

Mais Émilie précise que le métier d’enquêteur en police judiciaire ne se déroule évidemment pas que dans un bureau à passer des appels téléphoniques ou rédiger des procédures !

« C’est aussi beaucoup de travail sur le terrain ! Filatures, surveillances, repérages, enquêtes de voisinage sont aussi mon quotidien de policière ! ».

Face à cette densité de missions et du temps qu’il faut y consacrer, Émilie nous rassure sur l’équilibre personnel qu’elle réussit à trouver...

« Même si travailler en police judiciaire demande de l’investissement, ma vie familiale n’est pas trop impactée. Je suis maman et tout se passe bien ! J’arrive à combiner ma vie professionnelle et ma vie privée sans difficulté. Mais parfois, il faut savoir se rendre disponible en cas de besoin ».

Être policier, c’est être attentif aux victimes...

Interrogée sur les qualités requises pour pouvoir intégrer sa brigade, Émilie pense qu’il faut avoir un goût prononcé pour la procédure, être dynamique et bien organisé, aimer le travail en équipe…

Enquête en cours...

Émilie souhaite évoquer l’aspect humain de son métier. Pour elle, "être policière c’est être attentive aux victimes".

« Les conséquences d’escroqueries pour les plaignants que nous recevons au service sont parfois terribles ! Les délinquants leur dérobent parfois beaucoup d’argent, elles peuvent en perdre leur emploi ! Cette assistance aux victimes, les écouter, les aider, c’est une mission qui me tient à cœur, qui m’a d’ailleurs motivée à rentrer dans la police ».

S’agissant de sa carrière au sein de la Police nationale, Émilie souhaite continuer à évoluer grâce à la promotion interne.

« Je passe un examen pour pouvoir devenir officière de police . Si je réussis, j’aimerais revenir à la BFMP ! L’investigation, les enquêtes, la procédure, c’est ce que j’aime faire ».

Croisons donc les doigts pour cette fonctionnaire de police motivée et ambitieuse !...

* Europol est une agence qui soutient les forces de police des États membres de l’Union européenne dans la lutte contre la grande criminalité et le terrorisme, notamment par l’échange de renseignements. Son siège se trouve à La Haye (Pays-Bas).

Des missions particulières…

Son enthousiasme, son implication et sa motivation pour son métier permettent à Émilie d'assumer des fonctions de formation et de prévention :

  • former dans leur pays d’origine des policiers étrangers travaillant dans le même domaine d’activité policière et échanger sur les bonnes pratiques,
  • effectuer des déplacements à l’étranger, sur ordre de la Justice, pour interpeller des délinquants avec les polices locales,
  • faire de la prévention dans les banques, dans les entreprises ou dans des salons type « Salon des seniors »...

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