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10 ans après le tsunami, le SRIJ Paris se souvient

30 décembre 2014
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Cet article est écrit en collaboration avec le Major Gilles R. qui a pris part à cette intervention.

Le 26 décembre 2004 le monde entier a les yeux tournés vers l’Asie du Sud-Est. Un tsunami vient de frapper les côtes de l’Océan Indien occasionnant plusieurs centaines de milliers de victimes. Tout n'est que destruction, désarroi, et détresse.

Au SRIJ Paris, c'est le branle-bas de combat. Nous avons au sein de notre service, une antenne de l'unité police d'identification des victimes de catastrophe (U.P.I.V.C.) qui est activée pour effectuer les recherches nécessaires concernant les personnes françaises disparues ou décédées.

Cette unité va être divisée en deux groupes :
- une première équipe dite « ante-mortem » s’installe dans les locaux du ministère de l’Intérieur et va recueillir un maximum d'informations auprès des familles ;
- une seconde équipe dite « post-mortem » va se rendre sur les lieux de la catastrophe, à Kaolack et à Phuket en Thaïlande où est concentrée la majorité des Français en vacances. Elle va collecter et archiver, dans le respect dû aux victimes, toutes les données nécessaires, en empreintes digitales, ADN, données dentaires ou effets personnels, relevés sur les personnes décédées.

Ce travail, sur les lieux de la catastrophe, se fait en groupe avec les spécialistes de la Gendarmerie Nationale (UGIVC). Il y a des médecins légistes, des photographes, des spécialistes des empreintes, des dentistes, des généticiens.

De nombreux fonctionnaires de mon service sont partis en Thaïlande, de janvier à octobre, par rotations successives, effectuer un travail souvent difficile, surtout dans les premières semaines. Leurs précieux témoignages nous ont permis de mieux appréhender la réalité du chaos qu’ils ont pu rencontrer. Plus de vingt nationalités de policiers œuvraient ensemble pour la première fois sur une catastrophe majeure, sous l’égide d’Interpol. Toutes leurs techniques de criminalistiques allaient être confrontées et mises à l’épreuve pour identifier le maximum de victimes, post-mortem.

Mur du souvenir

Pour ma part, étant à la section dactylotechnie, j'ai eu pour mission d’effectuer des recherches de traces papillaires sur divers objets récupérés dans les domiciles parisiens de personnes disparues.

Il en a été de même partout en France.

Certaines de ces traces papillaires découvertes sur des objets personnels, ont pu être comparées, en Asie, aux empreintes digitales des victimes et permettre ainsi l’identification formelle de corps, ante mortem.

À titre d’exemple, j'ai eu à rechercher des traces papillaires sur l'agenda d'une femme par le biais d’examens chimiques. De nombreuses traces sont apparues au fil des pages. Les pages d’une vie qui s'arrêtait brutalement le 23 novembre date de son départ pour Phuket en Thaïlande.


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Norbert Norbert [9 billets]
Agent spécialisé de police technique et scientifique (ASPTS)

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