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Accident et délit routier

20 juin 2016
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Durant un an, j’ai été affectée à la brigade accident et délit routier, histoire de changer d’air…

Un jour d’août 2011, en pleine vacances scolaires, je me suis retrouvée toute seule à la brigade…

Vers 09 heures, je reçois un coup de fil de mes collègues : un grave accident corporel entre un vélo et une voiture vient d’avoir lieu et il faut que je me déplace.

Je m’équipe donc, et quand j’arrive sur les lieux, la victime est déjà transportée aux urgences en état critique.

Il reste deux conducteurs de véhicules.

Les faits sont simples : une voiture circulait normalement et à une intersection, un autre véhicule ne respecte pas le cédez le passage et tente de lui passer devant pour aller tout droit.

Le conducteur initial n’ayant pas le temps de freiner, va percuter le deuxième véhicule à l’arrière, qui tourne sur lui-même et va percuter à son tour une cycliste qui arrivait en face.

Policiers en intervention

Je demande à ce que les équipages présents emmènent les conducteurs à l’hôpital et procèdent aux prélèvements sanguins pour les stupéfiants et l’alcool. Pendant ce temps, je fais les photos et relève les cotes* pour le plan d’accident.

Après que les prélèvements aient été effectués, je demande aux équipages de ramener les deux conducteurs afin que je les entende.

Ils me racontent donc ce qui s’est passé et le conducteur fautif me dit qu’il était pressé, car il avait un rendez-vous pour le boulot et me précise qu’il a fumé du cannabis quelques jours avant… Il est laissé libre à l’issue, le temps de savoir ce que devient la victime et de pouvoir l’entendre.

En fin de journée, j’apprends que la cycliste est tirée d’affaire, mais elle présente les blessures suivantes : triple fractures du bassin, fracture de la mâchoire (sa tête avait tapé la vitre arrière), d’un poignet et fracture de deux côtes. Pour une interruption totale de travail (ITT) de 100 jours.

Opérée à la mâchoire en priorité, elle ne peut pas parler pendant plusieurs semaines.

Les résultats toxicologiques des prélèvements effectués sur les conducteurs s’avéreront négatifs.

Je vais voir la victime en septembre et elle peut seulement me dire qu’elle allait au travail et ensuite, elle ne se souvient de rien. Elle restera allongée trois mois, puis autant semi-allongée, le temps que son bassin se consolide et pourra ensuite essayer de recommencer à marcher. Elle aura des douleurs le reste de sa vie…

MI/DICOM/F. PELLIER

Au final, l’homme sera convoqué au tribunal, mais je n’en connais pas les suites…

Il me paraît important de signaler que de tels comportements au volant sont d’une extrême dangerosité. Le mis en cause pleurait pendant son audition, quand il a su que la victime était entre la vie et la mort. Mon boulot était de tout faire pour que la procédure de cette jeune femme soit bien faite et ainsi ne pas en rajouter à toutes ses douleurs.

C’est également le travail du ou des premiers équipages intervenants lors des constatations et de la préservation des lieux. Ne pas bouger les objets dans la mesure du possible et retenir les témoins ou auteurs sont les deux choses les plus importantes à réaliser, quand on arrive sur les lieux d’un accident.

Les premières minutes sont les plus importantes…

* indications des dimensions des véhicules, rues, trottoirs etc. nécessaires pour élaborer le plan du lieu de l’accident.


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