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"C'est l'histoire d'un policier devenu altruiste (suite)…"

13 septembre 2017
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écusson BAPSA

Il est parfois difficile de connaître l'impact réel de notre action quotidienne à la brigade d’assistance aux personnes sans-abri (BAPSA). Le "social" comme on dit souvent, c'est un travail de longue haleine, l'addition de petits bouts qui forment un tout global. Ces petits bouts, ce sont, entre autres, les maraudes de la BAPSA, nos recensements dans les camps de Roms ou de migrants, mais aussi l'action des associations (Croix rouge, Samu social, Protection civile, Emmaüs, etc.), de l'unité d'assistance aux personnes sans-abri de la mairie de Paris ou du recueil social de la RATP. Tout cela forme un ensemble de parties interdépendantes et indissociables. Pour quels résultats certains s'interrogeront légitimement ?

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Les choses les plus élémentaires sont un défi pour certains d'entre eux

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Eh bien c'est dans la durée que les résultats se voient, certains sans-abris sont si désocialisés qu'il faut rebâtir tous leurs codes, toutes leurs habitudes, toute leur psychologie pour les réadapter à une vie plus ou moins normale. C'est un travail centimètre par centimètre, parfois millimètre par millimètre selon les cas. Les choses les plus élémentaires sont un défi pour certains d'entre eux (se laver dans les bains publics, faire ses besoins dans les toilettes publiques, se vêtir de façon décente, parler discrètement, etc.). À la BAPSA, nous essayons de leur transmettre tous ces "codes"...

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La BAPSA est une illustration parfaite de la "fraternité" républicaine

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agent de la BAPSA avec SDF

De fait, il est important de savoir que le mot "police" vient du grec polis,"cité" en français. La gestion des sans-abri fait donc totalement partie des "affaires de la cité", à plus forte raison lorsqu'il s'agit de "cas difficiles" : SDF très alcoolisés, violents, qui font leurs besoins naturels de façon anarchique, interpellent violemment les passants et riverains, hurlent à n'importe quelle heure de la journée, se battent, etc. Ceux qui, en résumé, ne répondent plus à aucune règle sociale... Cette gestion des SDF, c'est aussi une affaire de philosophie sociétale. N'est-ce pas capital qu'une société libre, démocratique et républicaine comme la nôtre offre aussi un espoir aux plus fragilisés par la vie de s'en sortir un jour ? La BAPSA est une illustration parfaite de la "fraternité" républicaine que l'on voit aux frontons des édifices publics...


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Pierre a dit :

lundi 13 novembre 2017 16:28:59

Bravo

Bonjour, j'ignorais totalement l'existence de votre brigade et elle souligne parfaitement le rôle social de la police. Continuez à faire parler de vous, vous gagnerez à vous faire connaître. Merci et bravo pour ce que vous faîtes!

Nico a dit :

jeudi 21 septembre 2017 11:51:50

Christophe M

Bravo pour le travail que vous faites au quotidien.

Christophe M a dit :

lundi 25 septembre 2017 17:54:09

Merci de ton soutien Nico!

Merci infiniment de ton soutien Nico! Il nous arrive d'être qualifiés, de façon un peu caricaturale, de police "gentille" ou "sociale" par les riverains ou même nos propres collègues d'autres services. S'il est vrai que l'approche des sdf est plutôt très diplomatique et se fait à tâtons, il arrive fréquemment que les échanges soient très tendus face à des sdf qui rejettent le "système" et ses représentants en bloc. Ils se posent souvent en victimes totalement dépendantes du même système et il est parfois très délicat de leur faire prendre conscience, hors situations exceptionnelles (pathologies lourdes, etc.), de leur responsabilité personnelle dans leur situation, mais aussi de leur devoir de respecter quelques règles de vie en société (tranquillité des riverains notamment). Lors de la mission du "bus", avec la prise en charge journalière de 145 sdf, les violences verbales ou physiques arrivent aussi parfois à l'encontre des agents vu l'état de "survie" de certains sdf qui insistent péniblement pour monter dans notre bus. Job pas facile donc, ton soutien n'est pas de trop, encore merci à toi !


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