Un métier, une carrière, un avenir

Commémoration de la Libération de Paris

22 juillet 2016
3 commentaire(s) Recommander à un ami
Noter cet article :

Merci d'avoir participé !

Vous avez déjà noté cette page, vous ne pouvez la noter qu'une fois !

Votre note a été changée, merci de votre participation !


En ce mois d’août 2016, nous allons fêter les 72 ans de la Libération de Paris. Cela me renvoie deux ans en arrière quand le service de la mémoire et des affaires culturelles de la préfecture de Police (SMAC) organisa le spectacle retraçant les journées de la Libération de Paris telles qu’elles furent vécues par les policiers de la préfecture de Police.

En ce printemps 2014, cette « aventure-fiction » débute par un mél indiquant que des figurants sont recherchés pour incarner les nombreux policiers qui ont envahis la préfecture de Police le 19 août 1944 afin de chasser l'ennemi allemand.

Une expérience comme celle-ci est unique. Attachée à notre histoire et nos valeurs, je postule immédiatement et me retrouve embarqué dans l’aventure.

Le défi est alors immense à relever, car il faut durant le spectacle, jouer des scènes accompagnant des projections de films sur grand écran, et respecter le rythme d'une bande son.

©norbert.F

Mais le trac et l’émotion sont au rendez-vous... tout va se dérouler à l'endroit même où l'histoire s'est écrite voilà 70 ans : dans l’enceinte de la préfecture de Police de Paris.

Les premières répétitions commencent en juin, nous sommes une vingtaine de policiers, issus de différents services. Nous enchaînons inlassablement les répétitions, sous la pluie, en plein soleil, à la nuit tombée, en costume d'époque ou pas, peu importe, l'important est d'être prêt le jour J.

Tous ces moments vécus ensemble unissent notre groupe et la cohésion sera complète lors de la première représentation jouée devant le public.

Nous sommes le samedi 23 août 2014, pantalon large et béret vissé sur la tête, le brassard « FFI » (forces françaises de l’intérieur) autour du bras, j'attends le signal de départ pour entrer en scène.

Nous sommes tous confinés dans l'entrée Notre-Dame, sous le porche en pierre où sont encore visibles les impacts de balles de la dernière guerre mondiale.

Nous nous regardons, muets et anxieux.

"

À nouveau des tirs, nous répliquons et obtenons la destruction d'un char

"

Dès lors débutent 20 longues minutes à occuper l'espace, et que c'est long 20 minutes sans jouer. De plus, la pression monte quand nous apercevons tout ce monde installé dans la cour qui attend notre performance...

Le spectacle commence par la diffusion sur l'écran géant, d'images d'archives commentées. Nous voilà replongé au 19 août 1944, il est 7h00 du matin.

Les premiers figurants entrent en scène : les pompiers et leur ancien véhicule fumant et pétaradant.

Un policier en uniforme d'époque effectue une ronde et puis … c'est à nous !

C’est une gigantesque bousculade, nous courrons et organisons l'invasion de la Préfecture. Nous peignons les lettres FFI en blanc sur une ancienne traction. Nous récupérons des armes (neutralisées bien sûr !) et répondons aux tirs nourris qui nous visent.

Enfin une accalmie. La bataille est-elle gagnée ?

Puis la montée du drapeau tricolore déclenche notre hymne parmi la troupe : la Marseillaise. Il s’agit d’un hommage émouvant à nos collègues, qui 70 ans plus tôt ont hissé nos couleurs sur le toit de la préfecture de Police, les faisant flotter à nouveau sur Paris depuis quatre ans !

Le colonel ROL arrive et nous encourage à résister. À nouveau des tirs, nous répliquons et obtenons la destruction d'un char. C'est la liesse et enfin un peu de repos. Nous en profitons pour nousrestaurer (quelques morceaux de pain et une bonne soupe) avant de reprendre le combat.

Un blessé arrive transporté par la Croix rouge. Nous apprenons alors que les américains font route sur Paris.

À l'écran, un avion largue un message de Leclerc. Des collègues courent le récupérer (la magie du cinéma !). Nous le lisons « Tenez bon, nous arrivons ».

S'élèvent alors des hourras de soulagement, nous ne sommes plus seuls.

©norbert.F

Encore des bruits de bombardements et de tirs, dernières répliques avant l'épisode de la Libération. Une jeep entre dans la cour avec à l'arrière deux femmes qui agitent des drapeaux français. C'est la joie, on se serre dans les bras, on se congratule.

Nous déposons les armes et nous nous rejoignons pour former une seule ligne.

Le spectacle touche à sa fin.

A l'écran, le Général de Gaulle cite le nom des policiers récompensés pour leur bravoure. Chacun à notre tour, avançons alors d'un pas, solennellement, pensant forcément à ceux qui, avant nous, ont foulé cette cour, brassard au bras.

Nous saluons progressivement et les applaudissements viennent clôturer cette toute première représentation.

Nous soufflons, nous nous congratulons. Nous sommes conscients de vivre des moments uniques. Des personnes ayant vécu cette période viennent alors nous voir pour nous remercier et nous faire partager leurs souvenirs.

Quelle plus belle récompense que ces rencontres ?

Quelques minutes de pause, on échange, on rit, on peaufine nos futurs positionnements. Déjà, nous devons nous replacer. Nous sommes à nouveau sous le porche en pierres. Sur l'écran, défile pour les spectateurs le texte suivant : « les acteurs et figurants de ce spectacle sont des employés de la préfecture de Police dont la participation bénévole constitue un hommage aux résistants et particulièrement aux 167 policiers tombés pendant les combats de août 1944. ce film leur est dédié ».


3 commentaire(s) Recommander à un ami
Noter cet article :

Merci d'avoir participé !

Vous avez déjà noté cette page, vous ne pouvez la noter qu'une fois !

Votre note a été changée, merci de votre participation !

Réactions à ce billet : 3 commentaire(s) commenter
Afficher tous les commentaires

Clémence a dit :

lundi 24 octobre 2016 12:25:57

un tas de questions sur votre métier

Bonjour Norbert,

J'aimerai devenir aspts et j'ai quelques questions à ce sujet pour être sûre de bien comprendre tout les aspects de ce métier afin d'être sûre de mon choix. J'espère que vous trouverez le temps de répondre à toutes mes questions.

Comment s'organise une journée type aspts? (concrètement quels sont les tâches) Y a t il des horaires de travail ou on peut être appelé n'importe quand?
En tant que aspts, es ce que il y a des spécialités à avoir?
Comment se passe les affectations?
Où sont basés les brigades (uniquement dans les villes?)?
Es ce que parfois il y a des scènes qui vous écœure ? et dans ce ces cas là comment vous arrivez à surmonter tout ceci?

Je vous remercie d'avancer pour vos réponses, je vous prie de m'excuser pour le nombre de questions mais je trouve pas de réponses dans les différents sites sur la police.
Cordialement.

Norbert a dit :

mercredi 02 novembre 2016 13:48:50

réponse aux questions

Bonjour Clémence,

En effet, il y a un tas de questions, mais vous avez raison de vous les poser car notre métier est particulier.
Pour une journée type d'ASPTS ou les horaires de travail, cela dépendra entièrement du service dans lequel vous serez.
Quand j'étais sur le terrain, j'avais des horaires de fixés mais si je prenais une affaire en fin de journée, je travaillais dessus jusqu'à la fin. Cela nous amenait jusqu'à 4 heures du matin voir plus parfois.
Les affectations se feront en fonction des places disponibles lors des concours et surtout en fonction de votre classement! Par contre il n'y a aucun poste inintéressant, je tiens à le préciser. Chaque expérience sera un apport important dans sa carrière.
Il n'y a pas de spécialité recommandée mais n'hésitez pas à vous procurer des annales, fureter sur ce site ou encore à vous rendre au salon européen de l'éducation (du 18 au 20 novembre) où des personnels de la PTS seront là pour répondre à vos questions.
Vous trouverez des services de PTS dans la France entière, il y a des services de signalisation, d'autres pour traiter la délinquance de masse ou encore les affaires criminelles, là encore ça dépendra de l'affectation.
Pour les scènes écœurantes, nous sommes confrontés en effet à des choses difficiles notamment lors des attentats. Mais nous avons un travail a effectuer, un travail primordial pour apporter une aide aux enquêteurs aussi nous n'avons pas la même vision des choses que si nous étions de simples témoins de la scène.
Comme je vous l'ai indiqué, n'hésitez pas à vous rapprocher de personnel de PTS pour échanger avec eux, que ce soit sur un salon étudiant où encore au salon de Polar de la mairie du 13ème de Paris où nous serons présents (19 novembre).
Je vous souhaite une bonne continuation,
Norbert

Clemence a dit :

jeudi 23 février 2017 15:01:27

Concours

Bonjour Norbert,
L'inscription au concours aspts n'est pas encore ouvert, es ce possible qu'il n'y ai pas de recrutement? (l'election présidentiel ralenti-t-elle le recrutement des fonctionnaires?)
Combien de temps se passe -t-il entre un résultat positif au concours et la date d'affectation ? J'ai vu différents forum où des nouveaux arrivants disent avoir commencé durant le mois de décembre.
Je vous remercie encore pour vos réponses.
Cordialement,

Clémence

Clémence a dit :

vendredi 04 novembre 2016 10:35:46

un grand merci

happy
Je vous remercie d'avoir pris le temps de répondre à mes questions!

Norbert a dit :

vendredi 16 septembre 2016 17:50:08

ASPTS

Bonjour Tsoa,

Si vous réussissez votre concours de Technicien pendant que vous entamez votre scolarité d'ASPTS (ou venez de prendre votre poste), et bien vous pourrez commencer vos études de technicien. Vous n'avez pas obligation de faire plusieurs années dans le même grade si vous passez votre concours en externe.
Je vous souhaite une bonne continuation et la réussite à votre concours.
Cordialement
Norbert

Tsoa a dit :

samedi 03 septembre 2016 23:59:48

ASPTS

Bonjour,
Je voulais poser ma question en dessous de l'article "devenir ASPTS" mais je n'ai pas réussi à trouver le bouton commenter, donc mes excuses si c'est un peu hors sujet.
J'aimerai passer le concours ASPTS pour ensuite passer le concours TPTS.
Supposant que je réussi le concours ASPTS, puis l'année suivante, c'est-à-dire l'année de mon stage, je passe directement le concours TPTS en externe. Supposant que je réussi également ce dernier, est-ce que j'ai l'obligation de rester en tant qu'ASPTS ou je peux partir en TPTS et faire mon année de stage en tant que Tech, et puis si tout vas bien être titularisé Tech.
Mon but est de devenir TPTS mais je veux quand même passer ASPTS d'abord pour apprendre les bases du metier au lieu de passer directement le concours Tech.
Je vous remercie d'avance de votre retour.
Cordialement.


Déposer votre commentaire

  • happy
  • sad
  • wink
  • mad
  • ohnoes
  • oha
  • suspicious
  • happy

Les contributeurs inactifs

Le blogueur


Norbert Norbert [9 billets]
Agent spécialisé de police technique et scientifique (ASPTS)

Par le même auteur


Une lettre pas si anonyme...

19 avril 2017

Quand je reçois du public au musée de la Préfecture de Police lors de conférences, je leur raconte une anecdote...


Intervention à la « nuit européenne des musées »

5 juillet 2016

C'est toujours un étonnement pour moi, de réaliser l'attrait que revêt la police technique et scientifique sur le...


La PTS au salon de l’étudiant 2016 de Paris

3 février 2016

Du 15 au 17 janvier beaucoup d'entre vous sont venus à notre rencontre pour cette nouvelle édition du « Salon de...


Devenir ASPTS : du concours à la scolarité – 1ere partie

5 octobre 2015

Par le biais d’une interview, Norbert vous fait partager le ressenti de Séverine, lauréate du concours...


 L'odorologie ou quand une nouvelle discipline «nez»

17 juillet 2015

La police technique et scientifique est en perpétuelle évolution, à la recherche de nouveaux procédés pour...