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Le quotidien d’un enquêteur au groupe d’appui judiciaire (GAJ)

27 juin 2016
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6H. Prise de service. Je prends les consignes des collègues du service de nuit, et regarde les affaires et les gardés à vue qui sont entrés dans la nuit. Aujourd’hui, quatre affaires avec quatre gardes à vue : des violences conjugales, un vol à l’étalage, un vol par effraction et une détention de produits stupéfiants.

6h30. On fait le point avec l’équipe, le chef de groupe attribue les procédures du jour en nommant pour chaque dossier un directeur d’enquête.

6h45. Pour les procédures de vol et de stupéfiant, un équipage effectue les perquisitions avec les mises en cause pendant qu’un autre équipage s’occupe des constatations.

9h. S’enchaînent les auditions des témoins, des victimes puis des mises en cause.

10h. L’OPJ de permanence, aujourd’hui c’est moi. Le chef de poste m’informe que le gardien d’un immeuble vient de découvrir une personne pendue dans une cave. A priori, il s’agit d’un suicide, mais des constatations s’avèrent nécessaires afin d’écarter toutes interventions d’une tierce personne. Dans le jargon policier, on appelle ça un « delta charlie delta » (DCD).

10h30. Je me rends sur place avec un équipage police-secours et un effectif de l’identité judiciaire et nous commençons les constatations sur le corps et dans la cave.

11h. Nous découvrons une lettre du défunt qui explique son geste désespéré.

Gardien de la paix à la DCSP

11h15. Le médecin légiste arrive sur place, constate le décès et examine le corps. Il s’agit d’un suicide avéré, il ne met pas d’obstacle médico-légal*. Le corps est donc transporté au funérarium en attendant d’être restitué à sa famille et après que cette dernière soit entendue dans nos services.

11h30. J’appelle le procureur de la République afin de lui rendre compte de cette enquête décès.

11h45. De retour au service, mes collègues ont bien avancé sur leurs procédures, et après avis au magistrat de permanence, ont obtenu pour la plupart une décision judiciaire. Le voleur à l’étalage s’est vu notifier un rappel à la loi, alors que le voleur par effraction est déféré au tribunal pour y être jugé en comparution immédiate dans l’après-midi.

12h. L’équipage d’après-midi arrive, nous faisons le point sur les procédures en cours.

12h30. Nous préparons la procédure pour le déferrement et remettons le mis en cause à un équipage, pour son transport au tribunal.

13h. Nous profitons de faire une petite pause pour nous restaurer.

13h20. Nous finissons de mettre en page les différentes procédures terminées de la matinée, pour qu’elles soient transmises au procureur de la République.

14h. Fin de service

Les vacations dans un service du G.A.J. ne se ressemblent jamais, c’est tout l’attrait de ce service, où chaque journée est différente.

* Lorsqu’il y a des signes ou indices de mort violente, l’inhumation ne pourra se faire qu’après qu’un OPJ ait dressé un procès-verbal de l’état du cadavre. S’agissant d’un suicide avéré, le médecin intervenant ne s’oppose pas à ce que le corps soit restitué à la famille.


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Thierry a dit :

dimanche 09 octobre 2016 18:12:15

Une organisation comme j'en rêve

Bonjour,

Tout d'abord merci pour cette immersion dans vos services. Voilà qui me conforte dans l'idée que les services de police ont une organisation ben plus adaptée pour une gestion optimale des dossiers.

En effet, je suis pour ma part sous-officier de gendarmerie, affecté en brigade territoriale et, plus que de songer ou d'envisager, je souhaiterais changer d'institution pour la police nationale. Les investigations me passionnent mais le "modèle" gendarmerie risque à terme de m'en dégoûter plus qu'autre chose. Quand les dossiers sont nominatifs et que de faits pour certains actes il faut se rendre au bureau sur des jours officiellement de repos, quand la veille de congés il faut s'activer des heures durant au delà des horaires de service initialement prévus pour essayer de faire baisser sa pile de dossiers, parce qu'un gendarme en congé 3 semaines, ça signifie que l'ensemble de ses dossiers en cours dorment durant cette période. Alors même en vacances on vient au bureau faire quelques actes, on devient obsédé par ses procédures même les plus bénignes dès lors qu'on ne trouve pas le temps de les faire progresser parce qu'à côté on nous met à l'accueil du public ou on a ordre de réaliser une après-midi de police-route et j'en passe.

En somme je voudrais intégrer la police, je sais qu'une forme de détachement-intégration a été mis en place depuis 2011 mais j'ai beau cherché, je ne trouve aucun document s'y rapportant. Je voulais savoir si vous aviez, parmi vos collègues des personnels ancien gendarmes qui auraient réalisés un changement d'institution via ce type de processus?

Merci à vous

jonathan a dit :

jeudi 16 février 2017 23:22:00

passerelle PN-Gie

Thierry, effectivement il y a une passerelle une fois par an depuis 2011. J'ai ainsi fait la première et, en était son représentant, dans le sens Police > Gendarmerie. J'ai ainsi fait 2 ans dans ton institution et suis revenu (à tort). On peut ainsi rester dans l'administration/institution hôte ou revenir d'où on vient. C'est sous la forme d'un détachement (initialement) les appels d'offres ont lieu en janvier, pour un début de passerelle en mai, avec 3 mois de stage d'adaptation en école.


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