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Les habitués - Episode 1

24 novembre 2016
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Lorsque l’on travaille sur la voie publique, une chose importante est de connaître son territoire et la population qui y évolue.

Certains policiers vont être très physionomistes, connaître les délinquants, les lieux où ils ont leurs habitudes et exceller dans ce domaine (c’est souvent le cas chez les fonctionnaires travaillant en brigade anti criminalité). Pour les autres, il sera facile de rapidement connaître les « habitués ». Il peut s’agir du délinquant notoire commettant régulièrement des larcins et – peu doué – se faisant régulièrement interpeller ; mais une ville regorge aussi d’habitués d’un autre type.

Patrouille pédestre

Certaines personnes, en marge de la société, créent un lien fort avec l’institution policière. Souvent en difficulté psychologique et sociale, ils trouvent en la police un point fixe, toujours présent, 24 heures sur 24, 365 jours par an.

Madame X, par exemple, téléphone régulièrement à nos services pour nous raconter sa journée et passe plusieurs fois par jours saluer les différentes équipes présentes au commissariat. Nous sommes une sorte de phare pour elle, au milieu d’une société ou elle ne trouve plus sa place et qu’elle ne comprend probablement plus vraiment.

Il y a aussi monsieur Y. Sans domicile fixe ayant séjourné des années durant a quelques mètres du commissariat. Une manière de sécuriser sa vie précaire, évitant ainsi les agressions nocturnes que ce genre de situation vous fait risquer. Une manière aussi de garder un dernier lien avec la société en venant boire un café, en saluant les patrouilles sortant du commissariat, en se faisant exceptionnellement héberger l’hiver en cas de grand froid.

"

Garder un dernier lien avec la société

"

Monsieur Y nous en a fait voir de toutes les couleurs, fausses alertes à la bombe qu’il a déclenchées depuis la cabine téléphonique en face du commissariat, hurlements nocturnes réguliers suite à son alcoolisme… mais tout le monde lui a toujours tendu la main.

Pour ces habitués, la police reste une des dernières balises sociales à laquelle ils peuvent encore se raccrocher (avec le monde hospitalier). Chacun des fonctionnaires du service a une petite histoire avec eux, un sentiment bienveillant à leur égard, et comprend qu’au-delà du rôle de flic, il faut parfois aussi faire du social, ne serait-ce qu’en permettant à ce genre de personnes de tisser encore un peu, fragilement, du lien social...


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Réactions à ce billet : 1 commentaire(s)
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fyqa a dit :

jeudi 01 décembre 2016 10:24:29

cet article devrait être partagé dans les médias, les gens comprendrait peut-être alors tout le côté social et bienveillant du métier.

je rentre en école le mois prochain, j'ai hâte d'être sur le terrain et de pouvoir aider, à ma petite échelle, à faire la différence.

bon courage à toi pour la suite.

L'équipe du Blog a dit :

jeudi 16 février 2017 09:29:50

Les habitués

Merci pour le commentaire. Bon courage pour la scolarité


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Jérémy Jérémy [5 billets]
Brigadier à la brigade de police secours

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