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Un retour dans la chaleur brûlante de l’actualité terroriste

16 août 2016
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Après plus de deux mois d’absence - je ne vous conseille par les hernies discales -, j’ai réintégré mon service en plein cœur de l’été. Et en plein cœur d’une actualité brûlante après les attentats de juillet.

Comme je vous l’avais dit précédemment, mon service, la mission de prévention et de communication (MPC), n’a pas que pour seule fonction d’aller dire aux enfants que le racket, c’est mal. Non. Nos missions sont polyvalentes et revêtent notamment une dimension opérationnelle importante. Cette dimension est encore plus criante depuis janvier 2015 où nous avons multiplié prises de contact, consultations sûreté et fiches techniques auprès de différents sites sensibles (églises, écoles, salles de spectacles, etc). Des données opérationnelles qui s’avèrent utiles pour les services intervenants au quotidien dans la sécurisation de points sensibles et pour ceux qui pourraient intervenir en cas d’attaques terroristes.

Ce travail permet également de conseiller les responsables des sites sensibles afin d’améliorer leur sécurité par de bons réflexes, des aménagements en matière de prévention

© Dimitri.L

situationnelle ou des possibilités de financement avec le fonds interministériel de la prévention de la délinquance (FIPD). Nous sommes une ressource importante en matière d’information pour ces personnes mais aussi un soutien important pour des structures qui n’avaient jamais eu à réfléchir à comment réagir en cas d’attaque terroriste.

C’est particulièrement vrai pour les établissements scolaires. J’ai effectué plusieurs consultations sûreté dans des écoles maternelles ou primaires où j’ai bien senti l’importance de ma présence et de mes conseils pour des responsables devant faire face à la crainte légitime des parents et des enseignants et à l’impérieuse nécessité de protéger les enfants. Étant parent, je comprends que trop bien cette situation.

Mon retour s’est donc effectué dans le grand bain, non d’une piscine rafraîchissante mais d’une actualité brûlante.

policier en action

Si l’essentiel de mon activité concernant la thématique terroriste tourne autour de cet aspect conseils et renseignement opérationnel de proximité, elle peut aussi prendre d’autres chemins comme la détection de signaux faibles de radicalisation à travers des remontées d’informations de particuliers ou de partenaires (Éducation nationale, bailleurs, associations) ou le renfort en voie publique. Cela a été vrai pour mes collègues de la MPC qui ont assuré en juin et juillet des missions de sécurisation sur les fan zone de l’Euro 2016 et des grands événements de juillet (Fête nationale, arrivée du Tour de France).

Pour ma part, j’ai eu l’occasion de retrouver la voie publique après l’attentat de Charlie Hebdo, drame que j’ai appris au retour d’une intervention, dans un collège, sur le racisme et l’antisémitisme. La vie pratique une curieuse ironie parfois. Dès le lendemain, je renforçais les collègues de terrain afin d’effectuer des missions de police secours. C’est ainsi que le 9 janvier, je faisais partie des nombreux intervenants sur l’Hyper casher de la Porte de Vincennes. Une montée d’adrénaline particulière car intervenir sur une prise d’otages terroriste ne ressemble à nulle autre intervention classique de police secours, même dans le cas des braquages. La charge émotionnelle est toute autre, car on est face à un événement de portée internationale, un drame de dimension historique et politique.

"

Passant au-delà de la peur et du stress pour faire notre devoir

"

On sait aussi que le ou les auteurs représentent un danger accru. Des braqueurs ou des cambrioleurs armés essaieront généralement de fuir. Ils n’ont généralement pas la motivation mortifère d’individus sectaires, prêt à mourir pour une cause en tuant des innocents. Le danger accru est donc celui d’être tué. Comme nos collègues les jours précédents. Et pourtant, avec mes collègues, nous n’avons pas hésité à intervenir sur les lieux comme de très nombreuses patrouilles sur Paris et sa banlieue ce jour-là. Comme à Charlie Hebdo deux jours avant. Comme par la suite au Bataclan ou à Nice. Passant au-delà de la peur et du stress pour faire notre devoir, pour exercer les missions qui nous ont été confiées et que nous avons recherchées en entrant dans la police, en particulier celle de sauver des vies.


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